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Intervention lors de la cérémonie de célébration de la réunification nationale – Ambassade de la République socialiste du Viêt Nam, 28 avril 2016 – Alain Ruscio

Lorsque son excellence, M. l’ambassadeur de la République socialiste du Viêt Nam en France, M. Nguyen Ngoc Son, m’a demandé de bien vouloir intervenir ce soir, je me suis interrogé. Que me valait cet honneur ? Était-ce un hommage rendu à un, « parmi des millions d’autres », comme chantait Jean Ferrat, à un des combattants pour la paix de la génération 68 ? Car « combattant » fait inévitablement penser à « ancien », même si ce qualificatif est plus qu’honorable. Cela me rappelle donc que j’aborde en ce moment aux rives de la vieillesse. Mais, après tout, la vieillesse, au Viêt Nam, est un signe de sagesse. Donc, j’assume.

Ou est-ce à un ami qui, depuis 1978, se rend régulièrement dans ce pays, l’a vu si pauvre, si démuni, et le voit aujourd’hui si dynamique, engagé, au milieu de mille contradictions et au prix d’inégalités sociales, sur la voie de la prospérité ?

Alors, oui, je peux témoigner…


Philippe Devillers, homme de culture, humaniste, ami fidèle du Viêt Nam

Philippe Devillers (1), qui nous a quittés ce lundi 15 février, était né en 1920. C’est dans le sillage du général Leclerc, qui avait pris la tête d’un Corps expéditionnaire français, qu’il arrive en Indochine, le 3 novembre 1945. Entré dans les services de presse, il y rencontre un autre jeune apprenti-journaliste, Jean Lacouture. Outre la rédaction d’articles destinés à la troupe, les deux hommes se lancent dans une première aventure journalistique indépendante : Paris-Saigon, un hebdomadaire qui, déjà, militait pour des relations nouvelles entre la métropole et son ancienne colonie. Troisième activité : l’envoi régulier d’articles à la presse de métropole. Le 20 janvier 1946, Le Monde publie son premier article. Tous les engagements futurs de Philippe Devillers y figurent…


Notre amie Françoise Direr, militante infatigable de la cause de l’amitié avec le peuple vietnamien, vient de s’éteindre

Notre amie Françoise Direr, militante infatigable de la cause de l’amitié avec le peuple vietnamien, vient de s’éteindre, quelques semaines avant ses 94 ans.

C’est dans les années 1960 que, pour la première fois, elle s’intéressera à cette cause. Militante communiste, elle avait commencé à faire un travail – bénévole, comme tout au long de sa vie – de classement de documents et de coupures de presse à la section économique du PCF. Très tôt, elle s’était intéressée au Vietnam, alors divisé en deux, en proie aux prémices de l’intervention américaine, qui devait causer tant de malheurs au peuple de ce pays…


Continental Saigon
Philippe Franchini
Réédité par les éditions des Equateurs, 2015

La réédition de ce livre est bienvenue, Philippe Franchini m’a précisé lors de notre rencontre au Salon du Livre et des Arts de l’Haÿ-les-Roses en octobre 2013, que sa première édition (Olivier Orban, 1976) était épuisée. Sa réédition en 1995 aux éditions A.M. Métaillé était également épuisée. L’Indochine française a certes disparu depuis longtemps, mais elle occupe toujours l’esprit de ceux qui y sont nés ou qui y ont vécu pendant longtemps.

Le récit Continental Saigon de Philippe Franchini évoque bien l’atmosphère de fin de règne de cette Perle d’Orient qui fait tant rêver ceux de Métropole…


HENRI MARTIN ET LE VIETNAM : UNE LONGUE FIDÉLITÉ
Alain RUSCIO *

* Historien, spécialiste de l’histoire de l’Indochine coloniale, auteur de Henri Martin et la lutte pour la paix au Vietnam, Paris, Éd. Le Temps des Cerises

Henri Martin, qui restera pour toute une génération « le marin de la liberté », qui mit sa vie entière au service de la libération des peuples colonisés ou agressés, est décédé au petit matin, ce 17 février 2015. Une occasion de se souvenir… et de rester fidèle à ses combats.

Il arrive encore parfois au promeneur attentif, au hasard des rues de nos villes, de découvrir une vieille inscription à la peinture : « Libérez Henri Martin ! ». Les moins jeunes ont sans aucun doute gardé ce nom, enfoui dans un recoin de leur mémoire. Les autres, s’ils sont un tantinet curieux, se reporteront à un Dictionnaire à portée de main, et se demanderont : mais pourquoi diable avait-on emprisonné cet historien affable, Académicien de surcroît, du XIXe siècle ?

Non, c’est de notre siècle qu’il s’agit. Henri Martin ne fut pas historien, mais, à un moment, il a fait l’Histoire. Son nom évoque encore, pour beaucoup, une guerre mal connue, celle menée par la France en Indochine, entre 1945 et 1954, qui aboutit au lamentable épisode de Dien Bien Phu et au départ sans gloire d’une France restée colonialiste (et qui devait plonger dans un nouveau conflit, en Algérie, quelques mois plus tard).

L’Affaire Henri Martin ! L’incarcération d’Henri Martin ! Un temps, la France n’a parlé que de cela…


Décès de Philippe Dumont
Lettre du CID à sa famille et à Dominique Foulon

Chers amis,

C’est avec une grande tristesse que j’apprends le décès de Philippe Dumont. Cela ne fait pas beaucoup d’années que nous nous connaissions, mais en ce qui me concerne, j’avais vite appris à apprécier sa grande culture, son esprit vif et critique et, surtout, cette amitié pour le Viêt Nam qui nous avait rapprochés, sentiment peu compréhensible pour ceux qui ne le partagent pas, mais qui est un ciment si puissant.

La lecture des articles de fond et des notes de Philippe, dans les Carnets du Viêt Nam, était pour moi une grande source de connaissance et de réflexion. L’arrêt annoncé de la publication papier de cette revue, devenu inévitable, est une source supplémentaire de regret…


COMMUNIQUE:
CENTRE D’INFORMATION ET DE DOCUMENTATION SUR LE VIETNAM CONTEMPORAIN (CID VIETNAM)

Avec votre peuple, amis Vietnamiens

Le Vietnam est-il à la veille de nouveaux événements dramatiques ? L’investissement des eaux territoriales vietnamiennes par la Marine chinoise, l’installation d’une plate-forme d’exploitation de pétrole, pourraient le laisser craindre. Beaucoup de médias français, qui soulignent d’abord les incidents qui ont eu lieu dans diverses villes du Vietnam inversent les facteurs : c’est bel et bien à une réaction face à ce qui est ressenti comme une nouvelle tentative d’intimidation que l’on a affaire en ce moment dans la région. Les cartes maritimes chinoises, dites « langue de bœuf », attestent du reste amplement de l’ambition de ce grand pays sur la quasi totalité des mers situées sur son flanc méridional. Toute l’Asie du Sud-Est, et pas seulement le Vietnam, ressent désormais nettement cette menace…